Les univers du livre

Par Victor De Sepausy,

le lundi 27 juin 2016 à 00:23:44

Quelles sont les ressources dont disposent les 18-24 ans ?

Après avoir lancé une vaste enquête sur les ressources des 18-24 ans, l’Insee vient de présenter les résultats de cette étude. Il en ressort que « les aides des parents représentent un apport essentiel pour les 18-24 ans. Fin 2014, sept jeunes adultes sur dix bénéficient ainsi d’un soutien financier régulier, et ce soutien concerne neuf jeunes en cours d’études sur dix.
 
Lorsqu’ils ne vivent plus exclusivement chez leurs parents, les jeunes en cours d’études perçoivent plus de 500 euros d’aide parentale par mois. La participation financière des parents varie selon le milieu social : lorsqu’ils sont aidés, les enfants de cadres reçoivent alors un montant total 2,5 fois plus élevé que les enfants d’ouvriers.
 
L’aide parentale vient le plus souvent compléter les aides publiques, dont les allocations logement sont le levier principal : ces dernières bénéficient à un jeune sur deux disposant de son propre logement. Fin 2014, trois jeunes adultes sur dix ont un emploi. Ils occupent dans les mêmes proportions des emplois à durée indéterminée ou déterminée et perçoivent en moyenne 1 250 euros nets par mois.
 
Ils bénéficient nettement moins des aides financières de leur famille et de l’État, et plus de la moitié d’entre eux vivent encore chez leurs parents. Par ailleurs, un quart des jeunes en cours d’études a travaillé la semaine précédant l’enquête, dont presque la moitié en alternance ou en stage rémunéré. »
 

Au dernier trimestre de 2014, 57 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans résident de façon permanente chez leurs parents, proportion parmi les plus faibles d’Europe.
 
« Dans tous les milieux sociaux, les jeunes en études sont les plus soutenus financièrement. Cependant, les enfants de cadres sont plus aidés que les enfants d’ouvriers : non seulement ils sont proportionnellement plus nombreux à l’être, mais ils perçoivent des montants environ 2,5 fois supérieurs. Ainsi, 88 % des jeunes adultes dont le père est cadre ou profession libérale reçoivent un soutien financier (contre 61 % des enfants d’ouvriers). Ils perçoivent alors en moyenne 400 euros par mois contre 160 euros pour les enfants d’ouvriers.
 
Ce constat persiste quelle que soit la situation d’activité du jeune. Lorsqu’ils sont en cours d’études, 96 % des enfants de cadres ou de professions libérales reçoivent en moyenne de leurs parents 450 euros par mois. L’aide parentale concerne 83 % des enfants d’ouvriers en cours d’études, pour un montant moyen de 220 euros. Il en est de même pour les jeunes sortis du système éducatif : 65 % des enfants de cadres ou de professions libérales sont aidés par leurs parents à hauteur de 190 euros par mois contre 48 % des enfants d’ouvriers, pour un montant de 100 euros.
 
Le soutien parental ne se limite pas à un apport financier direct : 46 % des jeunes adultes sont affiliés à la complémentaire santé de leurs parents et 20 % assurent leur véhicule sur le contrat d’un de leurs parents. Les aides régulières sont aussi très souvent complétées par des aides ponctuelles aux montants parfois élevés. Ainsi, 50 % des jeunes adultes inscrits dans un établissement d’enseignement bénéficient de l’aide parentale pour financer leurs frais d’inscription.
 
Au cours de l’année, 51 % des 18-24 ans ont été parfois aidés pour l’achat de vêtements, 26 % pour l’achat d’équipements importants et 18 % pour financer un voyage à l’étranger. En outre, les parents prennent en charge très majoritairement le financement du permis de conduire de leurs enfants (pour 84 % des titulaires) et l’acquisition d’un véhicule (pour 64 % des jeunes qui en ont un). »
 

L’Insse constate également que « les jeunes adultes en cours d’études peuvent aussi exercer des activités rémunérées, en parallèle ou dans le cadre de leur formation. Fin 2014, ils sont 23 % dans ce cas la semaine précédant l’enquête : 9 % travaillent en alternance, 3 % en stage rémunéré et 11 % dans d’autres activités.
 
Leurs revenus d’activités sont en moyenne de 620 euros par mois. Pour une ou des activités non intégrées à leur formation, ils gagnent en moyenne 410 euros par mois et pour les trois quarts d’entre eux 550 euros au plus. Les jeunes en alternance ou en stage rémunéré ont des revenus plus élevés : la moitié d’entre eux gagne plus de 860 euros par mois.
 
Ces emplois en lien avec leur formation sont un peu plus fréquents parmi les hommes : fin 2014, 14 % des hommes en cours d’études ont travaillé en alternance ou en stage rémunéré au cours de la semaine précédant l’enquête, contre 10 % des femmes. Les jeunes femmes en cours d’études exercent plus souvent une ou des activités rémunérées sans lien direct avec leur formation. Elles en tirent un revenu plus faible que celui des hommes dans la même situation, de 360 euros par mois en moyenne contre 490 euros.
 
Fin 2014, les jeunes adultes en cours d’étude dont le père est soit travailleur indépendant, soit employé ou ouvrier, sont plus nombreux à avoir travaillé au cours de la semaine précédant l’enquête (27 % et 24 %) que les enfants de cadres, de professions libérales ou intermédiaires (20 %). Mais, parmi ces jeunes adultes qui travaillent en poursuivant leurs études, les deux tiers des enfants d’ouvriers ou d’employés sont en alternance ou en stage, contre un peu plus d’un tiers des enfants de cadres, de professions libérales ou intermédiaires. Ces écarts reflètent les différences de formations suivies par les jeunes selon leur origine sociale. »

 
Menée conjointement par la Drees et par l’Insee, l’enquête nationale sur les ressources des jeunes (ENRJ) permet d’identifier l’ensemble des ressources dont disposent les jeunes adultes pour vivre. Elle s’est déroulée du 1er octobre au 31 décembre 2014 en France métropolitaine, à La Réunion et en Guadeloupe (ici représentatives de la Guyane et de la Martinique).

(Crédits photos : CC BY 2.0 - Erica Ashleson)